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DE L’ART  NOUVEAU A  ARTEM, HISTOIRE D’UN CAMPUS DU TROISIEME MILLENAIRE

Les adhérents A3, présents à l'AG nationale à Nancy le 7 juin 2018, ont pu bénéficier d'une visite guidée sur le site ARTEM (Art, Technologie et Management) des installations et des instrumentations scientifiques majeures de l'Institut Jean Lamour (IJL). En introduction à la visite, Stéphane Mangin, professeur à l'Université de Lorraine, a présenté les différentes structures du site et les activités de recherche de l'Institut.

A la fin du XIXe siècle, un mouvement de rénovation des arts décoratifs, de l’architecture et des sciences survient en Europe de l’ouest et aux États-Unis. La Lorraine, particulièrement touchée par les événements politiques et sociaux dans les conflits franco-allemands, est paradoxalement stimulée par l’arrivée des Alsaciens Lorrains qui fuient les territoires occupés par l’ennemi. NANCY devient alors une capitale intellectuelle et artistique, avec une économie locale en forte expansion avec les activités minières (fer) et industrielles (brasseries, tanneries, verreries, …).

L’Art Nouveau s’installe en réaction au machinisme dominant de plus en plus. La notion d’Art investit toutes les productions artisanales : architecture, mobilier, vaisselle, porcelaines, verres, bijoux, tapisseries, autant de marques d’un nouveau style de vie au quotidien. Art et Science sont de plus en plus interconnectés. L’École de Nancy, fondée en 1901, représente la parfaite Alliance provinciale des industries d’Art. L’exposition universelle de Paris en 1889, l’exposition d’arts décoratif et industriel lorrains de 1894 puis l’exposition universelle de l’est de la France en 1909 sont autant d’événements internationaux illustrant l’excellence du savoir-faire lorrain. Les noms de Henri Poincaré, Émile Gallé, Eugène Vallin, Antonin Daum, Louis Majorelle, Victor Prouvé, Charles-Désiré Bourgon, Bastien Lepage, Émile Friant, Lucien Weissenburger, Jacques Gruber…. restent encore aujourd’hui très connus dans le monde entier. A la fin de la première guerre mondiale, le style 1925 « Art Déco » supplante l’Art Nouveau qui va entrer dans un déclin progressif au cours du temps.

Et les milieux universitaires ?

En France, l’Université a été longtemps tenue à l’écart de la formation des cadres pour l’Industrie. Depuis la révolution de 1789, cette formation était assurée par des écoles spéciales créées en fonction des besoins particuliers comme l’École polytechnique et le CNAM (Conservatoire national des arts et métiers) en 1794, l’ENAM en 1806 et l’École Centrale et des Arts en 1829…. La Faculté des Sciences de Nancy est créée en 1854 et l’enseignement supérieur sera renforcé au nom d’un « patriotisme de la frontière » après la sévère défaite de 1870 et la dissolution des facultés françaises par le gouvernement impérial allemand en 1872. Pourtant entre 1875 et 1878, à Strasbourg, une nouvelle université accueillera plus de mille étudiants confirmant la volonté politique prussienne d’accorder une importance particulière à l’université dans la germanisation des pays annexés.

A Nancy, les anciennes institutions strasbourgeoises sont accueillies dans des conditions difficiles, dispersées dans la ville notamment dans les locaux vétustes du Palais universitaire place Carnot. Avec le soutien du ministère de l’enseignement supérieur, l’alsacien Albin Haller et le lorrain Ernest Bichat, jeunes universitaires, créent en 1889, dans le cadre de la Faculté des Sciences, un institut chimique à l’image des instituts allemands. Ce n’est qu’à partir de 1894 que les milieux scientifiques et les milieux universitaires se rencontrent au sein de la Société des Industriels de l’Est. Le principal - voire le seul - mécène, l’industriel  Solvay se distingue par l’importance et la constance de ses dons qui ont permis notamment les créations du Laboratoire d’électrochimie (1897), de l’Institut d’électrotechnique (1900), de mécanique (1905) et de géologie (1908).

L’Institut métallurgique et minier est créé en 1919, avec une direction bicéphale comprenant un professeur de la faculté des sciences et un ingénieur du corps des mines, au sein de l’université. L’École des Mines de Nancy (EMN) reste toujours sous la tutelle du ministère de l’enseignement supérieur et non du ministère de l’industrie comme à Paris ou à Saint-Etienne.

Avec l’arrivée de Bertrand Schwartz en 1947 à la tête de l’EMN, l’école acquiert les bâtiments en cours de construction et initialement prévus pour un hôpital d’enfants. En 1957 B. Schwartz est élu professeur associé et chargé de la direction de l’administration et des études aux côtés du professeur René Faivre directeur de la recherche. La « réforme Schwartz » propose un programme ambitieux de formation des ingénieurs pour l’ensemble des écoles françaises. Le colloque de Caen (1956) avait déjà souligné l’insuffisance du nombre de chercheurs et donc la nécessité d’intégrer des laboratoires de recherche dans les écoles. Pour ce faire, des postes au CNRS sont notamment réservés pour les élèves ingénieurs volontaires. En 1970, l’EMN devient l’École Nationale Supérieure de la Métallurgie et de l’Industrie des Mines (ENSMIM) et rejoint les autres ENSI au sein de l’Institut National Polytechnique de Lorraine (INPL) nouvellement créé. L’ENSMIM tisse alors de nouvelles alliances avec l’École de commerce de Nancy, en pleine restructuration et au statut particulier, à la fois universitaire par ses liens avec la faculté de droit et privé par ses liens avec la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI ) de Meurthe-et-Moselle.

A l’origine en 1999, avec l’opération nationale « Université du troisième millénaire », le projet ATM (Arts, Technologies, Management) ambitionnait de réunir, sur le même site et avec le même groupement interdisciplinaire, l’École des Mines, l’Institut Commercial de Nancy (ICN) et l’École des Beaux-Arts de Nancy. Les directeurs pionniers étaient respectivement Claude Cremet, Serge Vendemini  et Patrick Talbot.

Nous n’aborderons pas ici les détails de l’extrême complexité d’un tel dossier ni les multiples péripéties politico-administratives universitaires locales et nationales pour ne retenir que les principales étapes dans l’historique de ce projet majeur et novateur. Nous ne mentionnerons pas non plus les nombreux intervenants, parfois acteurs positifs ou opposants résolus. L’originalité statutaire de ces deux établissements (EMN et ICN) a sans doute favorisé leur rapprochement dans l’élaboration du projet ATM dès 1996-1997, celui-ci visant la création du premier pôle français d’excellence en Sciences de l’Ingénieur et Sciences du Management, l’ensemble dans une structure de groupe respectant l’identité de chacune des composantes. Parmi les campus « Enseignement supérieur-Écoles-Entreprises » prévus en 1998, on peut citer Lyon, Strasbourg, Grenoble, Toulouse, Lille, Rennes, en l’absence de Nancy qui respectait pourtant déjà le cahier des charges pour le label « Pôle universitaire de province » (PUP). Dans un sursaut régional lorrain, le maire André Rossinot souhaite que l’Université soit le fer de lance du Grand-Nancy. La reconstruction de l’ENSMIM figure parmi les projets prioritaires, après les travaux d’extension de l’ENSIC et la plate-forme d’étude du traitement des déchets !

Le projet ARTEM prend largement en compte les conclusions du rapport Attali (1998) remis à Claude Allègre alors ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche. C’est un appel à l’innovation dans ce secteur, tenant compte du cadre mondial de plus en plus concurrentiel. (J’avais d’ailleurs participé à l’étude demandée à l’INPL par le ministère de tutelle, pour la valorisation de ses travaux de recherche). Au sein de l’INPL, rassemblant les grandes écoles nancéiennes, l’EMN a toujours cultivé sa différence et affirmé son désir d’autonomie. De 1991 à 2001, Claude Cremet  (ingénieur des Mines) dirige l’EMN. Au sein de l’École, il accentue les valeurs du monde industriel et réactive l’Alliance avec les autres écoles des mines. Le directeur joue encore de plus d’ambition en intégrant une dimension artistique avec l’École d’Art de Nancy aux côtés des deux autres établissements déjà mentionnés. ARTEM apparaît alors comme un objet de métamorphose de l’École de Nancy et s’inscrit dans la continuité de l’histoire nancéienne. L’ancienne École municipale de dessin et de peinture, qui avait contribué à la formation d’artistes de talent comme Émile Friant, Louis Hestaux et Victor Prouvé, devient en 1882 l’École municipale et régionale des Beaux-Arts puis, en 1919, Victor Prouvé obtient le titre d’École Régionale des Beaux-Arts et Arts appliqués. Le projet ARTEM représentera une chance historique pour cette école à la recherche d’une nouvelle dynamique.

Dans les années 80, l’abandon par les militaires de plusieurs casernes au centre de Nancy offre alors une opportunité foncière pour la construction des futurs locaux, dédiés à ARTEM, sur le site de la caserne Molitor. Le projet universitaire rejoignait, de ce fait, la politique urbanistique du « Grand- Nancy » avec le développement d’un quartier de ville doté de nouvelles constructions de logements, de bureaux, de commerces  et de services de proximité.

L’année 2000 marque la volonté industrielle forte du soutien au projet ARTEM et en 2005 a lieu l’assemblée générale constitutive de l’Association « ARTEM Nancy »  avec la tenue en 2006 de la première Assemblée Générale chargée de la concrétisation du projet. En 2009 est officialisée la création de l’ISAM-IAE (Institut d’Administration et de Management) attaché au réseau des IAE (Institut d’Administration des Entreprises). L’ICN devient École de management lié, pour la recherche au CEREFIGE (Centre Européen de Recherche en Économie Financière et Gestion des Entreprises) et reste dans le monde concurrentiel des écoles de commerce.

C’est en 2008 que commence véritablement le chantier conçu par l’architecte Nicolas Michelin. L’École des Mines occupe 18 500 m2, l’ICN  Business  School  et l’ISAM-IAE 13 600 m2 et l’ENSA (École Nationale Supérieure des Arts de Nancy) 8 600 m2, pour une enveloppe globale excédant les 25 millions d’euros ! Une vaste galerie transparente de 700 m, au toit rose et bleu, est ouverte au public lors de manifestations scientifiques ou culturelles. En 2012, l’EMN s’installe sur le campus suivie en 2016 par l’ensemble ICN-ISAM , l’Institut Jean Lamour (IJL) et enfin en 2017 par l’ENSA.

L’IJL, unité mixte Université de Lorraine - CNRS, est indépendante de l’association ARTEM mais bénéficie de tous les aménagements annexes (restaurant universitaire, médiathèque, maison des langues et de la culture, …). Les premières réflexions sur sa future création remontent aussi à l’émergence du projet ARTEM. L’IJL emploie aujourd’hui environ 500 personnes dont près de 200 enseignants-chercheurs. Vingt-trois équipes de recherche, représentant quatre départements, s’investissent dans la physique de la matière et des matériaux, la physicochimie des solides et des surfaces, la science et l’ingénierie des matériaux et de la métallurgie et les nanomatériaux, l’électronique et le vivant. L’Institut dispose de plus de 1 800 instruments scientifiques dont le tube DAUM (Dispositif d’Analyse Ultravide de nanoMatériaux), unique au monde et long de 70 m. Cette instrumentation permet de stabiliser et d’étudier les atomes dans un environnement ultra pur et Il est à noter que 30 m du tube sont réservés aux utilisations des entreprises extérieures. Un laboratoire international vient d’être créé avec l’université de  San Diego en Californie, sans compter les nombreuses collaborations de recherche en Europe et dans le monde entier.

En 2019, la villa ARTEM devrait voir le jour pour faciliter le passage entre les études et l’emploi des jeunes diplômés. Cet incubateur offrira pendant deux ans les conditions matérielles nécessaires à l’éclosion d’un projet entrepreneurial par exemple. L’association Artem entreprises réunit plus de quarante chefs d’entreprises pour une meilleure fertilisation croisée des savoirs et des pratiques. L’originalité du projet pédagogique est de faire travailler ensemble, dans des équipes pluri-disciplinaires, des ingénieurs et des élèves ingénieurs culturellement différents mais aptes à communiquer et à faire preuve de créativité.

Ultérieurement, un collège et un centre de formation pour adultes (CFA) seront implantés également  sur le même site géographique. La scolarité sera ainsi possible, dans le même lieu, du collège au doctorat, avec un large choix de formations tout au long de la vie professionnelle.

Ce sont déjà plus de 4 000 étudiants qui travaillent sur le campus ARTEM, partie intégrante du technopôle Henri Poincaré (pôle santé, sciences, techniques, enseignement supérieur, recherche et entreprises, rassemblant plus de  15 000 personnes), fleuron de la Métropole du Grand-Nancy.

La  longévité politique exceptionnelle  de Monsieur André Rossinot (maire de Nancy de 1983 à 2014 puis Président de la Métropole) a, sans aucun doute, facilité l’élaboration et la réalisation de ce complexe mais passionnant dossier, en partenariat avec tous les responsables locaux et nationaux concernés. Nous ne pouvons que souhaiter une longue et fructueuse vie au jeune campus universitaire nancéien ARTEM qui représente aussi un véritable challenge pédagogique et socioéconomique.

Pour approfondir cet article, les deux ouvrages ci-dessous sont à recommander : Sciences et techniques en Lorraine, MJC Pichon (2001) et L’École des Mines de Nancy 1919-2012, Françoise Birck, Éditions universitaires de Lorraine (2013). Ainsi que le site en ligne : https://www.nancy.fr/etonnante/grands-projets/artem-179.html

 

Bernard MAUDINAS

 

 

               

                                                    

                 

 

Visite de la Société TRACIP - Zone d’Activités Le Breuil à Messein (54) - 12 janvier 2018

Vingt huit personnes ont eu la chance et le plaisir d’effectuer cette visite, grâce à l’implication de notre collègue Jean-Pierre Sarteaux, familier de l’entreprise.

 

En 1994, PCM Assistance était créée par M. P. Joliot et devenait le pionnier de la récupération de données numériques en France. Aujourd’hui, la société TRACIP, dirigée par G. Kauffmann, jeune ingénieur de 34 ans, compte une trentaine d’employés, en majorité issus de l’Université de Lorraine. Elle s’investit principalement dans la recherche et la récupération de données sur supports médias endommagés.

Les laboratoires sont installés dans des locaux particulièrement sécurisés avec armoires fortes et procédures très strictes, pour le respect d’une totale et exceptionnelle confidentialité. Les procédures utilisées respectent les niveaux d’exigence de sécurité les plus élevés, avec accès à tous les outils disponibles dont la salle blanche (ISO 5 class 100), pour les cas les plus difficiles.

En cas de besoin, des équipes d’ingénieurs peuvent se rendre au sein des locaux d’entreprises ou des administrations avec le même respect scrupuleux des procédures de sécurité interne, grâce à l’utilisation d’un laboratoire mobile parfaitement équipé et capable d’intervenir rapidement partout en France.

En tant que premier centre d’expertise judiciaire en France, TRACIP apporte son savoir-faire et son expérience dans la création de laboratoire d’investigation numérique, le conseil, la formation et la sensibilisation aux problématiques de l’investigation numérique, le conseil et l’accompagnement pour la conduite d’enquêtes diverses et la récupération de données critiques devenues inaccessibles suite à une panne matérielle ou une agression éventuelle.

Plus récemment TRACIP s’investit également dans les tests ADN, au sein d’un laboratoire mobile permettant d’obtenir des résultats dans des délais exceptionnellement courts !

Avec les solutions « clés en main » TRACIP, les entités gouvernementales, les forces de l’ordre ou les militaires qui sont amenés à traiter des données numériques peuvent s’appuyer sur un partenaire de confiance pour la création de leurs cellules de lutte contre la cybercriminalité.

 

Nous avons beaucoup apprécié cette découverte d’une pépite lorraine discrète par obligation mais efficace dans l’action !

Trente trois adhérents ont partagé, à proximité, un déjeuner convivial alliant AG amicale et informelle, échange d’informations diverses et programmation de nos activités 2018, avec surtout la tenue à Nancy de notre AG A3 nationale.

 

Bernard MAUDINAS

 

 

 

 

 

21 décembre 2017 - Conférence sur l'Inde TEMOIGNAGE DE DEUX ANNEES EN INDE par Jean-François RAMON, Directeur de l’Alliance Française de DEHLI et de la Fondation Alliance Française pour l’INDE et le NEPAL (2016-2017).

Malgré de nombreuses défections de dernière minute, pour différentes raisons, vingt cinq adhérents ont eu le plaisir d’assister, le 21 décembre 2017, dans la salle de conférences de l’INIST, à la causerie de notre collègue, détaché du CNRS à l’Alliance Française en INDE et au NEPAL.

Cette rencontre très conviviale a permis d’actualiser nos connaissances sur cet état démocratique, de plus de 1,3 milliards d’habitants, 7e pays le plus vaste et en pleine croissance économique, placé en cinquième position dès 2018, devançant déjà la France et la Grande-Bretagne ! Bollywood représente la plus grande industrie cinématographique du monde ! Cette République parlementaire fédérale, inspirée du parlementarisme britannique, comportant 29 États et 7 territoires, reste la plus grande démocratie du monde depuis 1950. Les frontières sont communes avec le Pakistan, la Chine, le Népal, le Bhoutan, le Bangladesh et la Birmanie. On y compte 234 langues maternelles dont 122 « importantes », le hindi et l’anglais sont les langues officielles aux côtés de 18 langues officielles dans différents États et territoires. Narendra Modi (Bharatiya Janata Party, droite nationaliste) est Premier ministre depuis 2014.

Depuis les origines de la civilisation hindoue, l’importance du formalisme religieux est un fait fondamental dans ces multiples communautés de croyances et de mœurs. Les nombreuses influences étrangères ont façonné ce continent tout au long des siècles précédents. L’Inde est la terre de naissance des quatre religions majeures : l’Hindouisme (dès 3000 av. JC, civilisation de l’Indus, période védique), le Jainisme (7ème av. JC), le Boudhisme (5ème av. JC) et le Sikhisme (15ème après JC). Islam, christianisme et zoroastrisme (les parsis) ont été « importés » dans le courant du premier millénaire. Aujourd’hui la répartition des communautés est la suivante : hindous 80 %, musulmans 14 %, chrétiens 2,3 %, sikhs 1,7 % et boudhistes 0.7 %. Les monuments, les sculptures, les tableaux et les symboles, divers animaux ou végétaux sont autant d’illustrations des pratiques de ces différentes croyances toujours très présentes. Les nombreuses projections nous invitent au tourisme dans les sites les plus pittoresques reconnus unanimement, en prenant bien soin d’éviter, si possible, les zones urbaines dont la pollution dépasse l’imagination !

Jean-François Ramon nous a fait partager, avec grande franchise, son expérience asiatique faite d’espoir et d’interrogations concernant le rôle des pays européens, et plus particulièrement de la France, dans sa mission culturelle universelle et son impact économique, avec une meilleure visibilité cohérente et une plus grande efficacité face à la concurrence internationale actuelle exacerbée.

L’orateur s’est prêté de bonne grâce au jeu des questions variées émanant de la curiosité de l’auditoire attentif.

La Fondation de l’Alliance française est née en 1833 grâce à l’initiateur Paul Cambon, Ambassadeur à Constantinople et à Londres et au fondateur Pierre Foncin, Inspecteur général de l’Instruction publique. Parmi les pères fondateurs, on peut citer Ernest Renan, Ferdinand de Lesseps, Jules Verne, Gaston Maspero, Louis Pasteur et Jules Ferry. L’Alliance française est « une libre association d’hommes libres » (Marc  Blancpain).

Mentionnons juste quelques dates dans la longue histoire de l’Alliance :

1883    Création de l’Alliance française à Paris.

1886    Ouverture d’Alliances à Alexandrie, Constantinople, Londres, Mexico, l’ile Maurice, Prague, Rio de Janeiro, Shangai, ….

1943    à l’occasion du 60e anniversaire, le général de Gaulle, Président d’honneur, prononce son fameux discours à Alger.

1982    Création d’une délégation générale aux États-Unis.

1998    Renaissance des Alliances françaises en Chine et en Russie

2007    1071 Alliances françaises, présentes dans 133 pays sur les 5 continents, enseignent à plus de 450 000 étudiants.

En Inde et  au Népal, il y a 15 Alliances françaises avec 360 enseignants, 26 500 étudiants et 1067 manifestations culturelles.

L’appartenance à l’Alliance est un plus reconnu pour tous ses membres et dans tous les pays concernés.

Nous remercions encore très chaleureusement Jean-François et son épouse Nathalie qui nous ont pris la main dans ce périple dans l’Inde complexe antique et moderne.

 

Bernard Maudinas

 

 

 

 

- 17/10/2017 : Visite effectuée au CEA Tech de Metz le 17 octobre 2017. Une vingtaine d’adhérents A3 Centre-Est ont découvert l’importance du Technopôle Metz 2000, situé dans un très bel environnement de verdure et d’espace aquatique.

Ce campus de l’Université de Lorraine rassemble les établissements ENIM, ENSAM, ISEA, IPEM, Georgia Tech, … ainsi que des structures dédiées aux transferts technologiques et aux relations avec les entreprises.

Depuis  plus de trente ans, le CEA  (Commissariat  à l’Énergie Atomique et aux énergies alternatives) est fortement présent dans les milieux industriels de tailles très variées. Le LETI, Institut de recherche technologique de CEA Tech, spécialisé dans les micro et nanotechnologies et leur intégration dans les systèmes et bien connu de tous, reste un pionnier dans les transferts technologiques aux entreprises et à l’origine de la création de nombreuses sociétés dont certaines avec un grand nombre de personnels ingénieurs et techniciens. Par ailleurs, les relations contractuelles du CEA EPIC avec les EPST, dont le CNRS, sont permanentes depuis les années 80 !

Plus récemment CEA Tech a implanté sept « showrooms » (Lille, Paris-Saclay, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Grenoble et Metz) pour présenter ses résultats de recherche sous forme de démonstrateurs interactifs et pédagogiques. Les entreprises, petites ou grandes, peuvent ainsi découvrir les évolutions technologiques et identifier de nouvelles pistes d’innovation pour leurs procédés de fabrication, leurs produits actuels ou souhaités, sans oublier leur gestion tant technique qu’humaine.

Chaque plate-forme CEA Tech régionale est spécialisée en fonction du contexte industriel local. Ainsi le site de Metz, pour la région Grand Est, possède une trentaine de démonstrateurs technologiques et s’investit plus particulièrement dans la Mécatronique, (pour l’amélioration des produits et procédés avec notamment l’intégration de capteurs communicants dans des outils, dispositifs et pièces avec la recherche systématique d’innovation à valeur ajoutée) et dans la « Conception de l’usine du futur », en partenariat avec PSA Peugeot-Citroën au sein d’une unité de 3400 salariés. Cette plate-forme développe et teste des technologies numériques : réalité virtuelle, robotique pour la manipulation de charges, relations homme-machine, logistique et assemblages intelligents, …

Monsieur Jean-Luc JACQUOT, chef de département et responsable de la plate-forme de Metz, nous a exposé le rôle de ces structures en tant qu’accélérateur d’innovation au service des entreprises. Avec ses quinze collaborateurs, le site lorrain s’investit notamment dans les domaines automobile, bois, énergie, textiles, santé, agriculture, agroalimentaire, matériaux,… Si la prospection en entreprise s’avère difficile, le dialogue à la demande de l’entrepreneur curieux et motivé débouche souvent sur une opportunité en matière de recherche et de développement. L’innovation petite ou grande reste la survie des entreprises. Les appuis juridiques et en propriété industrielle, au cas par cas, restent du ressort du siège du CEA.

Le déficit national en matière d’entreprises possédant entre 200 et 500 salariés reste un handicap majeur pour la mise en œuvre industrielle de l’innovation par insuffisance de liberté, de souplesse et de moyens matériels et humains dans les entreprises de petite taille.

Nous remercions vivement Monsieur Jean-Luc JACQUOT pour la clarté de ses exposés, la pertinence des démonstrations  et  son ouverture au dialogue appréciées par tous les participants.

Les discussions se sont prolongées au restaurant « Garden golf », à proximité immédiate de CEA Tech et du restaurant universitaire du Technopôle, avant le retour à Nancy.

Bernard MAUDINAS

 

 

- 23/03/2017  Présentation et visite commentée de l'Ecole de chirurgie de Nancy, de la faculté de médecine de l'Université de Lorraine à Vandoeuvre-lès-Nancy, technopôle Henri Poincaré. Trente sept adhérents ont été accueillis par le Docteur Nguyen TRAN, chercheur dans le domaine cardio-vasculaire et codirecteur de l’une des plus importantes écoles de formation en chirurgie d’Europe. La simulation représente son point fort, qu’elle soit numérique en 3D ou mécanique sur des os artificiels. Toutes les spécialités sont concernées et l’École forme notamment les chirurgiens ORL de demain.

Avant la visite détaillée et commentée des locaux, en complet réaménagement, et des robots chirurgicaux de simulation ou télémanipulateurs, notre groupe a suivi un cours original et passionnant sur les nouvelles pratiques pédagogiques à destination des futurs médecins et chirurgiens.

Avec la révolution numérique, l’information ne passe plus uniquement par l’enseignant, ce n’est plus le « Maître savant » mais le « Maître ignorant » selon le concept du philosophe français Jacques Rancière. La masse quotidienne des connaissances publiées (validées ou non), dans son propre domaine de spécialité, rend impossible l’exhaustivité du savoir pour tout individu ! Périodiquement il faudra donc apprendre et maîtriser de nouvelles technologies avant de les enseigner. De plus, les patients s’estiment mieux informés et donc plus exigeants envers le personnel soignant, jamais à l’abri de procédures juridiques. L’habileté et le jugement du chirurgien restent essentiels pour la sécurité des patients. Si les connaissances sont évaluées, il n’en est pas de même concernant les pratiques chirurgicales.

La simulation représente donc la nouvelle stratégie pédagogique.

On travaille sur des mannequins, des patients numériques, des modèles 3D, des animaux, des cadavres, … La simulation technique rassemble les trois étapes de formation possible d’un chirurgien : la théorie et la conceptualisation, la répétition des gestes jusqu’à l’acquisition de leur automatisme. Le compagnonnage, relation privilégiée entre un senior et un novice, permet bien la transmission du savoir mais reste difficile en raison de la formation de masse et de la surcharge habituelle des chirurgiens. C’est un conflit permanent entre l’efficacité professionnelle, dans toutes ses composantes, et la formation des jeunes générations.

Les simulateurs numériques de l’aviation, validant régulièrement les compétences des pilotes, illustrent le virage à prendre pour la validation des gestes chirurgicaux et il faut impliquer de plus en plus les jeunes étudiants-acteurs dans leur propre formation.

L’École, créée en 2006, dispose d’un plateau unique en France et en Europe, avec plus de 1500 participants en 2015 dont 20 % d’Européens.

La formation se déroule en trois étapes :

- Apprentissage théorique avec un compagnonnage numérique à l’aide du e-learning et plus récemment avec un système 2D-3D de télé-chirurgie.

- Entraînement et répétition avec les simulateurs conduisant à l’évaluation et à la certification.

- Enfin travail sur de vrais modèles plus réalistes pour ne pas perdre le coté sensible aspect important de l’intervention chirurgicale.

Toujours en tête, avec cinq centres à la pointe de l’innovation chirurgicale, les facultés de médecine américaines disposent pratiquement toutes d’un centre de simulation et la majorité des télémanipulateurs sont également conçus et fabriqués aux USA. En Europe, on rencontre de petits centres avec peu de moyens. En France, on peut citer le Centre privé de l’École européenne de Paris, l’Ircad à Strasbourg et l’École de Chirurgie de Nancy. Par ailleurs, l’extrême dépendance étrangère pour le gros matériel médical fragilise notre économie. A quand un « Airbus médical » en Europe ?

En conclusion, la simulation est un moyen nouveau d’apprentissage tolérant face à l’échec et bienveillant pour l’enseigné, mais aussi un gage de sécurité pour le patient. Ainsi le chirurgien peut simuler la veille une opération, avec les propres données du patient, avant de la réaliser réellement le lendemain, à l’hôpital, en salle d’opération.

Pour un complément d’informations, nous vous recommandons l’article intitulé :

Développement de la simulation en chirurgie : Expérience de l’École de Chirurgie* de Nancy-Lorraine - « Jamais la première fois sur le patient » dont nous nous sommes largement inspirés.

 

Bernard Maudinas

 

 

 

 

 

 


 

 

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