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ACTIVITÉS 2017

 

23/03/2017  Présentation et visite commentée de l'Ecole de chirurgie de Nancy, de la faculté de médecine de l'Université de Lorraine à Vandoeuvre-lès-Nancy, technopôle Henri PoincaréTrente sept adhérents ont été accueillis par le Docteur Nguyen TRAN, chercheur dans le domaine cardio-vasculaire et codirecteur de l’une des plus importantes écoles de formation en chirurgie d’Europe. La simulation représente son point fort, qu’elle soit numérique en 3D ou mécanique sur des os artificiels. Toutes les spécialités sont concernées et l’École forme notamment les chirurgiens ORL de demain.

Avant la visite détaillée et commentée des locaux, en complet réaménagement, et des robots chirurgicaux de simulation ou télémanipulateurs, notre groupe a suivi un cours original et passionnant sur les nouvelles pratiques pédagogiques à destination des futurs médecins et chirurgiens.

Avec la révolution numérique, l’information ne passe plus uniquement par l’enseignant, ce n’est plus le « Maître savant » mais le « Maître ignorant » selon le concept du philosophe français Jacques Rancière. La masse quotidienne des connaissances publiées (validées ou non), dans son propre domaine de spécialité, rend impossible l’exhaustivité du savoir pour tout individu ! Périodiquement il faudra donc apprendre et maîtriser de nouvelles technologies avant de les enseigner. De plus, les patients s’estiment mieux informés et donc plus exigeants envers le personnel soignant, jamais à l’abri de procédures juridiques. L’habileté et le jugement du chirurgien restent essentiels pour la sécurité des patients. Si les connaissances sont évaluées, il n’en est pas de même concernant les pratiques chirurgicales.

La simulation représente donc la nouvelle stratégie pédagogique.

On travaille sur des mannequins, des patients numériques, des modèles 3D, des animaux, des cadavres, … La simulation technique rassemble les trois étapes de formation possible d’un chirurgien : la théorie et la conceptualisation, la répétition des gestes jusqu’à l’acquisition de leur automatisme. Le compagnonnage, relation privilégiée entre un senior et un novice, permet bien la transmission du savoir mais reste difficile en raison de la formation de masse et de la surcharge habituelle des chirurgiens. C’est un conflit permanent entre l’efficacité professionnelle, dans toutes ses composantes, et la formation des jeunes générations.

Les simulateurs numériques de l’aviation, validant régulièrement les compétences des pilotes, illustrent le virage à prendre pour la validation des gestes chirurgicaux et il faut impliquer de plus en plus les jeunes étudiants-acteurs dans leur propre formation.

L’École, créée en 2006, dispose d’un plateau unique en France et en Europe, avec plus de 1500 participants en 2015 dont 20 % d’Européens.

La formation se déroule en trois étapes :

- Apprentissage théorique avec un compagnonnage numérique à l’aide du e-learning et plus récemment avec un système 2D-3D de télé-chirurgie.

- Entraînement et répétition avec les simulateurs conduisant à l’évaluation et à la certification.

- Enfin travail sur de vrais modèles plus réalistes pour ne pas perdre le coté sensible aspect important de l’intervention chirurgicale.

Toujours en tête, avec cinq centres à la pointe de l’innovation chirurgicale, les facultés de médecine américaines disposent pratiquement toutes d’un centre de simulation et la majorité des télémanipulateurs sont également conçus et fabriqués aux USA. En Europe, on rencontre de petits centres avec peu de moyens. En France, on peut citer le Centre privé de l’École européenne de Paris, l’Ircad à Strasbourg et l’École de Chirurgie de Nancy. Par ailleurs, l’extrême dépendance étrangère pour le gros matériel médical fragilise notre économie. A quand un « Airbus médical » en Europe ?

En conclusion, la simulation est un moyen nouveau d’apprentissage tolérant face à l’échec et bienveillant pour l’enseigné, mais aussi un gage de sécurité pour le patient. Ainsi le chirurgien peut simuler la veille une opération, avec les propres données du patient, avant de la réaliser réellement le lendemain, à l’hôpital, en salle d’opération.

Pour un complément d’informations, nous vous recommandons l’article intitulé :

Développement de la simulation en chirurgie : Expérience de l’École de Chirurgie* de Nancy-Lorraine - « Jamais la première fois sur le patient » dont nous nous sommes largement inspirés.

 

 

 

 

 

 


 

 

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