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Visite de la centrale nucléaire de production d'électricité (CNPE) de Cattenom en Moselle, le vendredi 10 avril 2026
Le 10 avril 2026, 13 personnes du groupe A3 Centre-Est étaient présentes pour effectuer la visite de la #centrale nucléaire de production d'électricité de Cattenom. Après une boisson gracieusement offerte, la visite s'est déroulée en deux parties.
Dans un premier temps, nous avons assisté à un exposé de Mr Laurent PEREZ, du groupe de direction de la centrale, dans l'espace dédié EDF Odyssélec. Il nous a fait une présentation générale des activités nucléaires de la France et de la centrale de Cattenom en particulier, avec un accent particulier sur les aspects sécuritaires. Au cours de cet exposé, nous avons été informés de nombreux points, parmi lesquels :
- la CNPE de Cattenom s'étend sur 415 hectares (le plus grand domaine de France) et emploie près de 2000 personnes en période d'activité normale. Ce chiffre peut aller jusqu'à 4000 avec des partenariats en période de maintenance. Elle travaille avec 4 réacteurs à eau pressurisée de 1300 MW chacun. Elle produit chaque année environ 30 TWh d'électricité faible en émission de gaz carbonique. Elle couvre les besoins de près de 7 millions de foyers tous les ans.
- Les quatre réacteurs à eau pressurisée (REP) identiques ont été mis en service entre 1986 et 1991.
- Fonctionnement d'une CNPE
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- Le combustible est de l’uranium enrichi 3-5% en isotope 235. Ce combustible est sous forme de pastilles d’UO2 insérées dans des gaines formant des crayons de combustible. La puissance du réacteur est régulée par des barres de contrôle, absorbant les neutrons. Le circuit primaire du réacteur est totalement isolé du circuit secondaire alimentant les turbines, la seule partie commune étant le générateur de vapeur. Dans le circuit secondaire, le générateur de vapeur alimente les turbines couplées à un alternateur. Au niveau du condenseur, la vapeur repasse à l’état liquide pour être réinjectée dans le générateur de vapeur. Le refroidissement du condenseur est assuré par un troisième circuit où l’eau réchauffée sortant du condenseur est refroidie dans une immense tour de refroidissement permettant une baisse d’une dizaine de degrés.
- La Moselle, située à environ trois km, assure le refroidissement à travers deux conduites forcées. A proximité, le lac du Mirgenbach, créé en 1985 et géré par EDF, est un lac artificiel de retenue assurant, en complément de la Moselle, le refroidissement de la centrale. L'eau du lac de Pierre Percée est elle aussi mise à contribution quand le débit de la Moselle est trop faible afin de garder un débit suffisant au niveau de la centrale, et ainsi permettre son fonctionnement en toute sécurité.
- L’arrêt de chaque réacteur, d'une durée d'environ trois mois, est effectué tous les 16 à 18 mois, pour des travaux de maintenance et une recharge en combustible. Un tiers des crayons de combustible est remplacé.
- Un arrêt décennal plus long (entre 5 et 9 mois) avec réexamen de la sureté, incluant un bilan réglementaire approfondi et la prise en compte de retour d’expériences nucléaires mondiales, est entrepris sur chaque réacteur. Si le réacteur passe avec succès l’analyse, son exploitation peut être prolongée de 10 à 20 ans. Si des défauts majeurs sont détectés, le réacteur peut être mis à l’arrêt.
- Un dernier point abordé a été la régulation de la production en fonction de la demande et des productions solaire et éolienne qui sont dépendantes de la météo. Le programme #éCO2mix de la RTE, gestionnaire du réseau de transport d’électricité français, permet de suivre en temps réel les différentes contributions par filière (nucléaire, solaire, hydraulique, éolien, bioénergies, gaz, charbon, fioul, pompage, exports (flux physiques)).
- Enfin, le futur de la production d’énergie nucléaire a été évoqué avec la centrale EPR de Flamanville (1600 MW), en production depuis 2025. Six autres réacteurs EPR2 à eau pressurisée de 2e génération, sont programmés sur trois sites existants en France (Penly, Gravelines, Bugey).
- Mr Perez a aussi évoqué les difficultés de recrutement dans le secteur.
Au cours de l’exposé, de nombreuses questions ont été posées, montrant le grand intérêt de l’auditoire.
Dans un second temps, sous la conduite de deux guides de EDF Odyssélec, nous avons entamé la visite de la centrale elle-même. C'est coiffé d'un casque, habillé d’un gilet vert pour visiteur et casque audio sur les oreilles que nous sommes rentrés dans l’espace de la centrale, après avoir récupéré un laisser-passé visiteur, obligatoire dans toute la centrale pour le passage des différents portiques de sécurité.
- Nous sommes montés dans la salle machine du réacteur 3, le plus proche de l'entrée visiteur, les quatre réacteurs étant identiques. Le fonctionnement de la centrale nous a été clairement expliqué. Nous avons vu les impressionnantes turbines et alternateurs et un nombre incroyable de grosses canalisations.
- A la sortie de la salle machine, nous avons pu nous rapprocher d’une des quatre grandes tours de refroidissement, de 165 m de hauteur, de laquelle s’échappait de la vapeur d’eau. La forme et l’inclinaison du nuage sont de bons indicateurs pour la météorologie locale.
- Nous sommes ressortis de la centrale par un portail de détection de radioactivité, permettant de détecter d’éventuelles contaminations et d’éviter toute dispersion de particules radioactives à l’extérieur du site.
Un grand merci à Mr Laurent PEREZ, ainsi qu’aux deux guides d’Odyssélec qui nous ont accompagnés lors de cette visite.
C’est au restaurant Bar Bac, situé en bordure de la Moselle que s'est achevé notre visite.
Marc Alnot