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Visite de l'entreprise Mathieu (Groupe FAYAT) à Toul

Le 24 septembre, un groupe de quatorze membres de l'A3 Centre-Est et de l'Amopa 54 a été accueilli par Monsieur Datin pour une visite de l'entreprise de #balayeuses Mathieu, filiale du #Groupe FAYAT, à Toul.

Le Groupe FAYAT et l'entreprise Mathieu

Dans un exposé d'une vingtaine de minutes, Monsieur Datin présente d'abord le groupe FAYAT et l'entreprise Mathieu, implantée sur le site de Toul pour la production et sur celui de la forêt de Haye pour les pièces détachées. Un regroupement des deux activités sur le site de la Croix-de-Metz est prévu pour 2027.

Premier groupe français indépendant de la construction et quatrième acteur français du bâtiment et des travaux publics — derrière Vinci, Bouygues et Eiffage —, le groupe FAYAT a été fondé en France en 1957. Il est aujourd'hui présent dans 170 pays et emploie environ 24 000 collaborateurs. Il est structuré autour de sept grands métiers : travaux publics, fondations, bâtiment, énergie et services, métal, chaudronnerie et matériel routier. FAYAT se distingue par une approche à la fois innovante et durable, proposant des solutions adaptées aux besoins de ses clients à l'échelle internationale.

Mathieu, filiale du groupe FAYAT, est le spécialiste français historique des balayeuses, laveuses et brosseuses de voirie. Fondée à Toul (54) en 1923, l'entreprise conçoit, fabrique et commercialise une large gamme de balayeuses compactes, maxi-compactes, articulées et sur châssis, destinées à l'entretien des espaces urbains : trottoirs, zones piétonnes, parkings, centres commerciaux, etc. Elle propose également des solutions électriques ainsi que des modèles labellisés « Origine France Garantie », à l'image de la balayeuse Ravo E2. Mathieu distribue en outre les marques Ravo et Scarab sur le marché français, offrant ainsi une gamme complète et innovante, adaptée à tous les besoins de propreté urbaine. Ses produits sont reconnus pour leur maniabilité, leur compacité et leur respect des normes environnementales et acoustiques.

 

 

 

 

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Visite de l'usine

À la suite de son exposé, Monsieur Datin nous guide dans les bâtiments abritant les chaînes de montage. Environ 80 personnes y travaillent, dont 15 au bureau d'études — un effectif qui permet une adaptation rapide aux demandes d'évolution du matériel construit, en particulier pour les modèles totalement électriques. Seul l'assemblage y est réalisé : chaque balayeuse intègre environ 3 000 pièces différentes, aucune n'étant usinée sur place. Les nouvelles évolutions sont testées en conditions réelles, localement, par la ville de Toul, qui utilise l'une de ses trois balayeuses.

Dans l'espace de réception et d'expédition, nous découvrons également la villa Mathieu, demeure de style Art déco construite entre 1936 et 1938, ancienne propriété d'un des dirigeants de l'usine.

Tous nos remerciements à Mr COLLINEAU, Directeur de l’usine et à Mr DATIN, pour toutes ses explications et réponses à nos questions au cours de cette visite.

Nous poursuivons cette journée par un déjeuner au restaurant du Commerce.

Nous retrouvons ensuite Logan, notre guide de l’après-midi, pour une plongée dans le vieux Toul, une ville où les pierres ont beaucoup de choses à raconter… et où les hommes d’Église n’ont pas toujours prêché la paix !

Un peu d’histoire pour commencer…

Petit retour en arrière, aux alentours de 50 avant J.-C. : Toul est alors peuplée par les Celtes, installés sur les hauteurs qui bordent la Moselle. Avec l’arrivée des Romains, la cité devient gallo-romaine et prend le nom de Tullum Leucorum.

Les Romains, qui avaient le sens de la stratégie (et probablement déjà quelques notions d’urbanisme), décident d’implanter la ville dans la plaine, sur la rive gauche de la Moselle, le long de la célèbre Via Agrippa, cette grande voie romaine reliant Lyon à Trèves. Toul se trouve ainsi idéalement encadrée par les buttes du Mont-Saint-Michel et de la côte Barine. Un petit cours d’eau, l’Ingressin, traverse également la cité, apportant sans doute un peu de fraîcheur, mais aussi quelques contraintes à ses habitants.

À la fin du IIIᵉ siècle, les Romains entourent la ville de remparts, formant un Castrum. Cette enceinte va durablement figer le cœur historique de Toul, dont quelques vestiges sont encore visibles aux alentours de la place Ronde.

Au Moyen Âge, Toul prend une tout autre dimension et devient une véritable puissance ecclésiastique. Pendant près d’un millénaire, elle sera l’un des plus vastes évêchés d’Europe. Rien que ça !

D’abord placée sous la protection du Saint-Empire romain germanique, la ville devient, au XIIIᵉ siècle, un évêché libre, à l’instar de Metz et de Verdun, avant de passer sous protection française au XVIᵉ siècle.

Mais, comme souvent dans l’histoire, tout ce pouvoir ne fait pas que des heureux. La bourgeoisie locale, enrichie par le commerce, aspire à davantage d’autonomie et supporte de moins en moins la tutelle de son seigneur, l’évêque, issu de l’aristocratie. Deux mondes, deux pouvoirs, deux visions de la ville… et un sérieux problème de cohabitation !

De cette rivalité entre pouvoir religieux et pouvoir marchand vont notamment naître deux monuments emblématiques de Toul : la cathédrale Saint-Étienne et la collégiale Saint-Gengoult. Deux édifices religieux, certes, mais aussi deux symboles d’une rivalité qui, à l’époque, était tout sauf spirituelle !

Nous commençons notre visite devant la majestueuse cathédrale Saint-Étienne. Sa façade flamboyante porte encore les stigmates des différentes guerres et de la Révolution. Les siècles ne l’ont pas épargnée, mais elle a su conserver toute sa superbe.

La construction de l’édifice actuel débute en 1221 et ne s’achèvera que trois siècles plus tard. Autant dire qu’à l’époque, les délais de livraison étaient quelque peu… flexibles !

Nous contournons ensuite la cathédrale par le côté nord pour rejoindre les jardins de l’ancien palais épiscopal. Celui-ci fut entièrement ravagé par un incendie en décembre 1939, avant d’être reconstruit à l’identique en 1970.

Depuis ces jardins, nous profitons d’un très beau point de vue sur la cathédrale, qui nous permet d’observer les différentes étapes de son évolution architecturale, depuis le chœur jusqu’à la nef : gothique classique, gothique rayonnant, puis gothique flamboyant.

Nous poursuivons notre promenade rue Mi-châtel, qui reprend en partie le tracé de l’ancienne Via Agrippa. Au Moyen Âge, cette rue constituait une véritable frontière symbolique entre deux mondes bien distincts.

À l’est, le domaine du clergé, de la cathédrale et de l’évêque, représentant le pouvoir religieux et la vie ecclésiastique.

À l’ouest, dans les quartiers citadins et les faubourgs, s’épanouissait la bourgeoisie marchande, dont la collégiale Saint-Gengoult allait devenir l’emblème. Ici, on faisait davantage commerce que prières… même si les deux activités n’étaient pas nécessairement incompatibles !

Cette opposition entre les deux pouvoirs va progressivement dégénérer en conflits ouverts, prenant parfois les allures d’une véritable guerre de voisinage. À tel point que l’évêque sera contraint à plusieurs reprises de quitter Toul pour se réfugier dans les communes environnantes.

Quelques vestiges témoignent encore de cette époque mouvementée, notamment la tour dite « Qui qu’en grogne », qui permettait de surveiller les faits et gestes de l’évêque et de ses chanoines.

Nous pénétrons maintenant dans la partie citadine de Toul. Les ruelles étroites nous plongent immédiatement dans l’atmosphère du Moyen Âge. Ici, les noms des rues sont de véritables témoins de la vie quotidienne et des métiers d’autrefois.

Nous découvrons ainsi la rue des Tanneurs, où l’on travaillait les peaux, la rue des Moutons, qui évoque les anciennes bergeries, la rue de l’Apothicaire, où l’on préparait les remèdes, ou encore la rue de la Petite Boucherie, consacrée aux petits animaux, et celle de la Boucherie, réservée aux plus grosses pièces.

D’autres rues nous rappellent les activités commerciales et les aménagements de la cité : la rue de la Monnaie, la rue du Murot, qui suivait l’ancien mur d’enceinte médiéval, et la rue des Étuves, où se trouvaient les bains publics. Une véritable carte de visite du Toul médiéval, où chaque rue avait sa spécialité. Ces ruelles suivaient autrefois le cours de l’Ingressin, qui coule aujourd’hui à ciel couvert sous cette partie de la ville.

La maison de l’Apothicaire

Nous empruntons ensuite l’étroit passage piéton de la Traversière du Couarail, qui nous conduit sur la place du Couarail, devant l’entrée du cloître de la collégiale Saint-Gengoult. Au Moyen Âge, cette place avait une fonction bien particulière : c’est ici qu’étaient proclamées les sentences publiques.

La rivalité entre les deux puissants chapitres religieux de Toul va également se traduire dans la pierre. La collégiale Saint-Gengoult, dont la construction débute au XIIIᵉ siècle, tout comme celle de la cathédrale, est financée par les riches marchands et bourgeois de la ville.

L’objectif est clair : rivaliser avec l’édifice épiscopal, en proposant une architecture plus raffinée, plus moderne et, pourquoi pas, un brin plus séduisante. Puisque l’on ne pouvait pas forcément rivaliser en puissance, autant le faire en élégance !

Plus petite que la cathédrale, la collégiale n’en possède pas moins de véritables trésors, à commencer par son superbe cloître du XVIᵉ siècle, aujourd’hui classé, qui mêle avec beaucoup de finesse gothique flamboyant et Renaissance. Ses galeries sont ornées de 78 clés de voûte, toutes différentes, offrant un étonnant éventail de motifs et de décors. De quoi lever les yeux… et risquer un petit torticolis pour les plus admiratifs !

Nous pénétrons ensuite dans la collégiale, où quelques détails architecturaux ne manquent pas de nous surprendre. À commencer par une porte quelque peu de guingois. Mais rassurons-nous, tout cela est parfaitement étudié : vue depuis l’entrée, elle apparaît parfaitement symétrique. Comme quoi, tout est parfois une question de perspective… et de bon angle de vue !

L’édifice possède également de magnifiques vitraux dans l’abside et les absidioles. Datant du XIIIᵉ siècle, ils constituaient à l’époque la plus grande surface vitrée de Lorraine. Une prouesse qui devait impressionner les fidèles, habitués à des intérieurs bien plus sombres.

Malheureusement, la façade de la collégiale restera inachevée. Les difficultés économiques du début du XVIᵉ siècle, aggravées par la famine et la peste, auront raison des ambitions architecturales de ses bâtisseurs. Même les plus belles rivalités doivent parfois s’incliner devant les réalités du quotidien.

Et pour terminer, Logan nous livre une petite anecdote sur l’origine du nom de la collégiale :

Le culte de Gengoult aurait été rapporté de Bourgogne à l’initiative de saint Gérard, évêque de Toul. Gengoult était un seigneur réputé pour sa grande générosité. Mais, hélas, sa vie conjugale était loin d’être un long fleuve tranquille : son épouse lui fut infidèle et il finit assassiné par l’amant de celle-ci. Déclaré martyr, Gengoult devint par la suite le saint patron des couples en difficulté. On imagine que certains fidèles devaient prier avec une ferveur toute particulière…

Une belle journée qui s’achève

Nous nous retrouvons la Place ronde, il est temps de nous installer en terrasse autour d’un verre bien mérité.

Et si les vieilles pierres de Toul pouvaient parler, elles auraient sans doute encore bien d’autres histoires à nous raconter… mais ce sera pour une prochaine visite !

 

Marc et Yveline Alnot

Directrice de la publication : Elisabeth Giacobino
Webmestre : Dominique Simon
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