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Fabrice BONARDI
30 avril 2021
Quelques nouvelles de Corse…

Quelques nouvelles de Corse…

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La médaille de l'innovation du  CNRS dans les filets de l’Université de Corse

Antoine Aiello, directeur de la plateforme Stella Mare (Università di Corsica) dédiée à l'ingénierie écologique marine et littorale, a reçu la médaille de l'innovation 2021 du CNRS.

Stella Mare, fondée en 2011 par le professeur Aiello, regroupe une cinquantaine d'ingénieurs, techniciens, enseignants-chercheurs, informaticiens... Stella Mare ambitionne de "mettre la science au service de la nature", notamment en collaborant avec les professionnels de la mer, véritables « lanceurs d’alertes » quant à l’état de la Méditerranée et des ressources halieutiques. Neuf programmes de recherches sont ainsi consacrés à des espèces « en tension » telles que l’huître plate, l’oursin violet, le homard... Stella Mare œuvre à la maîtrise de la production avant le retour en milieu naturel, apportant une contribution majeure aux équilibres naturels et économiques. Stella Mare a également pour mission de sensibiliser le grand public, et particulièrement les enfants, à l'environnement marin. Le rayonnement de Stella Mare au sein du bassin méditerranéen fait de la Corse une région pilote en Europe dans le domaine de l'écologie marine. Après avoir séduit une délégation de l'Union européenne en 2019, puis une autre en 2020, voilà Stella Mare et Antoine Aiello honorés par le CNRS !

De nouvelles espèces mises en lumière

La biospéléologie, domaine qui étudie les organismes vivant à l'intérieur des cavités terrestres, a permis la découverte, parmi plus de mille spécimens, de huit espèces endémiques, nouvelles pour la science, en Corse. Au sein de ce monde obscur et inexploré composé de centaines de cavités et de dizaines de kilomètres de réseau souterrain, elles trouvent leur nourriture grâce à l’eau, chargée de matière organique.

C’est à partir du milieu du XXe siècle que seront véritablement réalisés des inventaires de la faune souterraine, ne livrant toutefois que des informations partielles peu exploitables. Mais en 2018, la Ligue spéléologique corse a répondu à un appel à projets du Muséum national d'histoire naturelle pour contribuer à l'inventaire des arthropodes cavernicoles de l’île. La récolte permettra de répertorier 1 046 spécimens.

Ile-Rousse : des corps dans des amphores…

Le 8 avril 2021, la presse annonçait une nouvelle et importante découverte de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) : une nécropole antique où les corps étaient inhumés dans des amphores. La nécropole a été découverte dans la ville de l'Île-Rousse, en Haute-Corse. Elle renferme une quarantaine de tombes datant du 3eme au 6eme siècle avec des corps inhumés dans des amphores africaines provenant de Tunisie.

© Pascal Druelle, Inrap

Il s’agissait de la première fouille effectuée au cœur de la cité paoline -ainsi surnommée car fondée par Pasquale Paoli, au 18 ème siècle-. Coup de chance, ou plutôt nouvelle preuve de l’instinct de nos archéologues protecteurs de patrimoine, la fouille révèle une quarantaine de tombes qui prouvent l'occupation des lieux durant l'Antiquité. Il s’agit d’une véritable révélation puisque la mémoire des hommes n’évoquait l’existence que d’un modeste village de pêcheurs et de paysans jusqu’au 18e siècle. Les amphores, majoritaires sur le site de fouilles, s’avèrent être des réceptacles pour les défunts ; l'Inrap précise que « ces amphores sont majoritairement des productions africaines, lesquelles constituaient les importations prépondérantes en Corse entre le 4eme et le 7eme siècle de notre ère, notamment pour contenir vin, huile d’olive et saumure en provenance de Carthage en Tunisie ». Si un seul de ces grands récipients cylindriques suffisait à l’inhumation des enfants, quelques adultes sont inhumés dans « deux amphores emboîtées l’une dans l’autre » confie l'Inrap. De telles inhumations étant souvent associées à des édifices cultuel, l’institut prédit de nouvelles découvertes.

Cette découverte de l’Inrap évoque celle faite à Propriano lorsqu’en 2011, à l'occasion de la construction d'un lotissement, les archéologues de l'Inrap mirent au jour, sur prescription de l'État, un édifice antique, un ensemble d'églises et une nécropole.

Mise à jour à Propriano - © Denis Gliksman, Inrap

Devant l'intérêt scientifique de ces découvertes, une prolongation des fouilles avait été financée par la Drac (Direction régionale des affaires culturelles) de Corse. La nécropole de Propriano est composée de 72 sépultures, en amphore cylindrique d'origine africaine pour les enfants. Ces découvertes permirent, à l’instar de ce qui vient de se passer à Ile Rousse, de « réinventer » le passé de Propriano qui n’apparaissait, jusqu’en 1860, que comme un modeste hameau de pêcheurs dépendant de Fozzano.

Paradoxalement, l'activité anormalement débridée du BTP en Corse contribue ainsi à favoriser l'archéologie et à mettre en valeur les richesses patrimoniales, ou, au moins, leur souvenir, lorsque les intérêts économiques sont susceptibles d’enfouir les intérêts scientifiques.

Un centre de conservation et d'études archéologiques à Ajaccio

Dans un contexte patrimonial insulaire chaque jour enrichi, l’annonce de la construction à Ajaccio en 2024 d’un centre de conservation et d'études archéologiques est une très bonne nouvelle, notamment parce que l'archéologie préventive est très active en Corse et que les importantes découvertes de l’Inrap se succèdent sur toute l’île ; au point qu’elle soit territoire pilote du plan de création des centres de conservation et d'étude sur le territoire national.

Le centre implanté à Ajaccio sera consacré à la fois à l'archéologie terrestre et maritime. Permettant conservation, accessibilité et étude des mobiliers, le centre sera également un espace de médiation et de valorisation de l'actualité des recherches.

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