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27/9/2017, sortie dans le Tarn

27/9/2017, sortie dans le Tarn

Sortie dans le Tarn :

Visite d’une usine de biogaz,

visite du musée du cuir et de la vieille ville de Graulhet

Mercredi 27 septembre 2017

Pour cette rentrée, nous sommes allés, le 27 septembre, à l’initiative de notre collègue Philippe Aptel, à Graulhet, petite vile située à 70 kms de Toulouse, qui fut pendant longtemps un haut lieu du traitement du cuir. Avec l’aide de son ami et ancien collègue John Dods, professeur honoraire à l’Ecole des mines d’Albi, conseiller municipal à Graulhet, qui nous a largement ouvert les portes  de la ville, conseillé et accompagné tout au long de cette journée, nous avons visité le matin une usine de biogaz et l’après-midi la maison des métiers du cuir et la vieille ville  de Graulhet.

Partis en car vers 9 h nous sommes arrivés à 10 h à Labessière-Candeil, à côté de Graulhet (Tarn). Nous avons été accueillis sur le site de Trifyl par John  Dodds et par un jeune  « ambassadeur » du service de communication  qui sera notre guide tout au long de la matinée.

Le Pôle des énergies renouvelables de la société TRIFYL est un établissement public dont le but est de développer des techniques afin de valoriser les déchets résiduels en produisant de l’énergie : électricité, chaleur, bio méthane-carburant, hydrogène. La société Trifyl a été créée en 1999 par une fédération d’élus du Tarn réunis autour de J.M. Pastor afin de  développer un système cohérent de gestion des déchets sur le tout territoire du Tarn. Depuis 2002 Trifyl gère les déchets ménagers de 363 communes soit environ 325000 habitants du Tarn mais aussi des communes limitrophes de la Haute–Garonne, de l’Aude et de l’Hérault. C’est un établissement public avec des recettes industrielles  ce qui lui permet d’utiliser de moins en moins d’aides publiques (30%) et de viser à long terme à un autofinancement.

Une présentation générale nous a permis de découvrir l’ensemble des activités de la Société Trifyl et la démarche utilisée pour collecter et valoriser les déchets  de la région.

Avant d’arriver à la valorisation il a fallu que la collecte et le tri des déchets soient organisés dans l’ensemble des communes concernées. Actuellement, les communes gèrent la collecte des déchets dans leurs propres déchèteries. Ces déchets sont ensuite transportés vers les différents équipements mis en place par Trifyl, à savoir :

  • 11 quais de transfert, permettant de regrouper les collectes d’une zone pour les acheminer vers les sites de traitements et de valorisation en réduisant les coûts et nuisances dus aux transports.
  • 2 centres de tri situés à Labruguière et à Blaye les Mines: avant de pouvoir être recyclés les emballages doivent être triés à la main et mécaniquement par famille (acier, aluminium, carton, brique, plastiques, papiers).  Une fois compactés les déchets sont vendus à des usines de recyclage.
  •  2 plateformes bois-énergie : situées à Labessière-Candeil et à Labruguière. Permettent le stockage des déchets bois et leur transformation en broyat ou plaquettes pour alimenter les chaufferies locales.
  • 2 plateformes de compostage des déchets verts, à Blaye les Mines et Labruguière. Par fermentation aérobie les déchets sont transformés en compost utilisable en agriculture. Le compost est mis à disposition des habitants pour leurs jardins.
  •  

Après l’exposé nous avons emprunté le parcours pédagogique créé sur le site pour découvrir les équipements destinés à la transformation des déchets et à leur valorisation énergétique.

Ce que nous avons vu en premier, ce sont au loin, les camions-benne qui amènent régulièrement sur le site les ordures ménagères de toute la région, qui ne peuvent être ni recyclées, ni compostées, ni valorisées. Elles contiennent encore des plastiques et autres déchets résiduels. Elles sont mises progressivement dans ce que l’on appelle le Bioréacteur, puis compactées pour produire par fermentation anaérobie du biogaz. Ce bioréacteur est constitué de très grandes fosses, appelées casiers. Sur le site de Labessière-Candeil, il y a 14 « casiers » répartis sur 12 hectares. Ces casiers sont tapissés de plastiques qui les rendent complètement imperméables. Le sol argileux est par lui-même également imperméable ce qui évite toute infiltration vers les nappes phréatiques. Chaque casier peut contenir 250 000 tonnes de déchets. Les casiers sont fermés de façon hermétique par deux membranes (géotextile et géo membrane) permettant une dégradation accélérée tout en préservant l’environnement. Des tuyaux placés à différents endroits du bioréacteur et descendant à des profondeurs variables vont permettre de capter le biogaz produit par la fermentation anaérobie et de le  transférer vers des modules de production d’électricité et de chaleur. La production de biogaz d’un casier s’échelonne sur 15 ans avec un pic de production vers 6 ans. La grandeur de ces casiers, l’immensité de la surface utilisée par l’ensemble des casiers est tout à fait impressionnante.

Nous sommes arrivés en suivant vers les équipements qui utilisent le biogaz obtenu.

  • Des équipements (alternateurs, turbines) permettant la production d’électricité et chaleur à partir du biogaz. L’électricité revendue à ERDF, couvre la consommation domestique d’environ 15 000 habitants.
  • Des équipements permettant la production de bio méthane carburant essentiellement utilisé en interne. 13 véhicules de service (principalement les camions-benne faisant la récolte des déchets), 2 poids lourds, 1 tracteur roulent au bio méthane-carburant.
  • Un pilote pour la production d’hydrogène, gaz à très fort potentiel énergétique (X3 par rapport à l’essence). Un véhicule électrique a été équipé d’une pile à combustible et d’un réservoir à hydrogène ce qui a permis de multiplier par trois son autonomie.

 Le parcours est jalonné de dispositifs pédagogiques montrant les différentes étapes du processus de fermentation conduisant à la production de biogaz. La dégradation complète de certains déchets peut prendre des centaines d’années.

Nous avons terminé la visite par quelques mises en situation nous permettant d’appréhender la difficulté du tri manuel et l’intérêt d’une attitude éco-responsable lors des achats. Sur ce plan, la visite a été des plus convaincantes. Tout le monde a été très frappé par le gigantisme des masses de déchets traités, la dimension exceptionnelle des structures de production du biogaz et la démarche concertée et dynamique de tous les élus du Tarn pour valoriser ces ressources potentielles.

Après un repas  convivial pris dans le village voisin de Laboutarié, nous sommes allés visiter Graulhet.

Cité millénaire, Graulhet est née sur un promontoire défensif entre le ruisseau du Dadou et le marécage du Jourdain. Prospère au moyen âge grâce à son petit port de transit pastelier, elle a eu son heure de gloire au 19e siècle où elle devint la capitale mondiale du cuir. Plus récemment, en 1970, la ville  avait encore 150 mégisseries, traitait jusqu’à 35 millions de peaux par an et comptait jusqu’à 3500 ouvriers. Témoin de cette période  la maison des métiers du cuir, installée dans une ancienne mégisserie nous a présenté un panorama des activités artisanales et industrielles qui ont fait le renom de Graulhet.

La visite a démarré par la projection d’un film rappelant l’historique depuis le moyen âge sur les bords du Dadou des mégisseries qui faisaient le traitement des peaux de petits animaux tels que les moutons, et des tanneries pour le traitement des peaux des gros animaux tels que les vaches.  Les diverses étapes du traitement des peaux, tannage, teinture, séchage, corroyage et finissage sont imagées par des films datant de la période florissante de la production de cuirs après-guerre.

La visite s’est poursuivie dans l’ancienne mégisserie où les différents équipements sont encore visibles : les cuves de traitement pour le tannage, la teinture, les « galetas », greniers dans lesquels les peaux sont mises à sécher au vent (vent d’Autan) ; les appareils utilisés pour le corroyage qui consiste suivant le résultat recherché à adoucir et assouplir les peaux, à les étirer (le prix d’une peau est fonction de sa surface !), le veloutage qui modifie l’aspect du cuir par ponçage sur l’une ou l’autre face du cuir, si c’est le côté viande on a du cuir velours si c’est le côté fleur (extérieur de la peau) du Nubuck et si ce sont les deux côtés du Daim. Pour imiter les peaux rares (lézard, crocodile, autruche) les peaux peuvent être imprimées.

            Compte tenu  de  la concurrence accrue d’autres pays, du choc pétrolier, du développement du plastique, du manque d’innovation et également du taux de pollution qu’engendrait cette activité, la production s’est effondrée. Les mégisseries ont presque toutes fermé. Il ne reste plus que 460 personnes qui travaillent encore dans cette branche.

Un guide nous a ensuite  fait visiter la ville. Partis à pied de la Maison des métiers du cuir nous avons traversé le jardin de la rivière, joli jardin aménagé au bord du Dadou près des ruines de l’ancien moulin du seigneur ; en chemin nous avons pu admirer les séchoirs en claustras de plusieurs mégisseries. Pour rejoindre le quartier médiéval nous avons emprunté le vieux pont construit en 1224. Pour des raisons d’hygiène les tanneries étaient séparées du quartier médiéval par la rivière. Les maisons du centre ancien ont pour la plupart traversé le temps depuis le Moyen Age comme celles de la rue médiévale de Panessac, rue typique avec des façades étroites à pans de bois. Grâce à Monsieur John Dodds, conseiller municipal qui nous avait très aimablement accompagné, nous avons pu pénétrer dans l’Hostellerie du Lyon d’Or. C’est une des plus vieilles bâtisses à pans de bois de chêne du midi de la France Autour d’une cour intérieure, des escaliers desservent des coursives sur deux étages. La petite histoire raconte qu’Henri IV y fit une escale gourmande en 1585.  Propriété de la mairie de Graulhet elle est en cours de restauration. Nous avons terminé la visite sur un belvédère ayant un beau point de vue sur le Dadou.

Notre journée s’est terminée par la visite d’un atelier de maroquinerie. Mr Milhau, artisan indépendant, haut en couleur, a su nous faire partager sa passion pour un métier qui disparaît. Nous avons pu voir les différentes étapes nécessaires à la confection d’un sac. Après avoir réalisé un patron pour chaque pièce (17 dans l’exemple qui nous a été montré), les pièces sont découpées à la presse. Avant d’être assemblés les bords doivent être amincis (parage). Les morceaux sont assemblés à la main, collés et ensuite cousus à la main ou à la machine.

La ville de Graulhet, qui fut très active jusqu’à une période récente, grâce au traitement des peaux qui lui venaient de Mazamet où on travaillait la laine, a connu une crise lors de la fermeture de presque toutes ses mégisseries. La visite que nous avons faite, montre cependant de façon très positive sa volonté de rebondir avec des sites comme Trifyl, très dynamiques, ou d’autres sites industriels que cherche à implanter la municipalité et sa démarche pour  protéger son patrimoine et le valoriser grâce au tourisme.

Michèle Ferrer  et Nicole Paillous

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